Amélanchier (Amelanchier Medik.)
L’Amélanchier est un genre botanique de la famille des Rosacées, regroupant plusieurs espèces d’arbustes rustiques, souvent buissonnants, qui produisent des petits fruits violacés comestibles (les amélanches). Le mot amélanchier vient du grec « amelan-kos », qui signifie « fruit au goût de miel ».

Particulièrement adapté aux haies fruitières agroécologiques, l’amélanchier offre une floraison précoce très mellifère, des fruits comestibles pour l’homme et la faune, et contribue à la biodiversité en servant de refuge et de corridor écologique pour de nombreuses espèces.
C’est un fruitier souvent méconnu. Chez nous, sur les contreforts du Larzac, l’Amélanchier est présent sous sa forme indigène (Amelanchier ovalis Medik.). L’Amélanchier du Canada, Amelanchier canadensis (L.) Medik, a été introduit en Europe pour ses qualités ornementales.
En avril il se couvre de nombreuses grappes de fleurs blanches et délicates, le feuillage à peine sorti a des reflets magnifiques. Ses petits fruits très esthétiques et savoureux attirent les oiseaux et les abeilles. On l’inclut dans des haies coupe-vent, on savoure la chair juteuse de ses amélanches aux goûts de pomme, de cerise et de myrtille.

On ne peut que s’étonner qu’un fruit aussi riche et d’une qualité nutritionnelle aussi remarquable ait pu passer inaperçu. C’est un véritable fruit oublié.
Les valeurs nutritionnelles
L’amélanche est riche en manganèse, magnésium, fer, potassium et zinc. 100 g suffisent à couvrir 22 % des besoins quotidiens en carotène et 30 % des besoins en fer. Meilleure source de calcium que la viande rouge, les légumes et les céréales, elle est très intéressante pour les régimes sans viande ni lait.
Elle renferme des quantités assez importantes de glucides (20 % de saccharose et 10 % de sucres réducteurs), de protéines et de lipides.
Les vertus médicinales
L’Amélanchier était très apprécié des amérindiens qui utilisaient l’écorce en décoctions contre la fatigue, les règles trop longues, la diarrhée, et en collyre en cas de cécité des neiges.
L’amélanche procure un apport très important d’acides phénoliques, de flavonoïdes et d’anthocyanes ayant une puissante action contre l’oxydation des lipides. C’est un aliment anti-vieillissement qui réduit également les risques cardiovasculaires, prévient les maladies inflammatoires, et renforce notre santé et nos défenses immunitaires.
PRÉCIS ÉTYMOLOGIQUE : Amélanche vient de l’occitan provençal amalenca/amelanca, rattaché au gaulois aballinca (« petite pomme »), issu de aballo (« pomme »). Alors que les langues romanes ont conservé cet héritage ancien, les langues germaniques ont généralement privilégié des dénominations descriptives. En allemand, Felsenbirne signifie « poire des rochers », en référence à l’habitat naturel de certaines espèces. En néerlandais krentenboompje peut se traduire par « petit arbre à raisins secs ». L’anglais suit une autre logique : juneberry renvoie à la période de maturation des fruits. Enfin, en Amérique du Nord, saskatoon provient d’un mot cri (misâskwatômina) signifiant « fruit de l’arbre aux nombreuses branches ».

Les usages
On consomme l’amélanche crue, séchée, ou sous forme de confiture, gelée, sirop, sorbet, liqueur, vinaigre.

Populations sauvages d’Amélanchier ovalis, parc national des Cévennes.
Mes coups de cœur :
Amelanchier canadensis (L.) Medik : cultivars Prince William, Rainbow Pillar, Spring Glory. Amelanchier x grandiflora Rehder : cultivars Ballerina et Robin Hill. Amelanchier alnifolia (Nutt.) Nutt. ex M.Roem : cultivars Obelisk, Regent, Martin, Honeywood. Amelanchier ovalis Medik. et Amelanchier lamarckii F.G.Schroed.
L’Amélanchier est par excellence « l’arbre aux oiseaux », symbole de l’arbre de vie, d’abondance et de fécondité. Les oiseaux jouissent gratuitement de ses fruits comme Adam et Ève dans le jardin d’Éden.
Raphaël Colicci
En savoir plus :
Au micro de Fruits Oubliés, Noë des « Les vergers de l’amélanche »
© Raphaël Colicci (Amélanchier alnifolia), Joana Bénichou (Amélanchier ovalis)
