Multiplions nos arbres

Multiplions nos arbres

Multiplions nos arbres

« Cultivez son verger, son potager, ce n’est pas seulement produire ses fruits et ses légumes. C’est apprendre à s’émerveiller du mystère de la vie. » Pierre Rabhi

La douceur actuelle nous rappelle que la sève est en train de gonfler l’écorce de nos arbres. C’est le moment de multiplier nos arbres, j’utilise deux méthodes : d’une part le semis et la multiplication végétative. Le semis me parait le procédé le plus naturel, semer les pépins, les noyaux, contenus dans les fruits, c’est ce que l’on appelle « les francs de semis » cela donnent souvent des arbres vigoureux, mais la plupart du temps ne donnent pas des fruits identiques, les résultats de la pollinisation sont aléatoires, parfois un nouveau fruit peut surgir comme d’une loterie « c’est le semis de hasard » qui peut constituer une amélioration gustative ou botanique. Les pêches de vigne, les pruniers anciens sont fidèlement reproductibles.

La deuxième méthode est la multiplication végétative. Elle peut se faire par bouturage, marcottage, greffage. Ce dernier reste à mes yeux la voie royale.

Pour bouturer, on prélève un bout de branche de la plante choisie pour la faire vivre de façon autonome. Le figuier, l’olivier, le mûrier, la vigne, les fruits rouges se prêtent à cette technique facile à réaliser.

Le marcottage consiste à mettre cinq à sept centimètres d’une branche vigoureuse en contact avec du terreau dans un sac opaque afin qu’elle développe des racines, sans la couper de son pied mère. 

De ces trois techniques, c’est le monde du greffage qui me subjugue, cela me semble être l’opération la plus extraordinaire du monde végétal. Elle oblige deux plantes différentes à vivre ensemble. C’est mon ami Maurice Chaudière qui m’a initié à la greffe avec une vision holistique de la nature. Il l’habite au plus près et a du mal à sacrifier « le sauvage au culte de la culture » comme il aime à le dire. Pour greffer il faut un greffon de la variété recherchée et le bon porte greffe, c’est la clef du succès. Il doit être choisi selon plusieurs critères conditionnant la vie et la forme du futur arbre : tige, demi-tige, pleureur, espalier, qualités et abondance des récoltes. On oublie trop souvent qu’un bon porte-greffe c’est choisir celui le plus adapté au climat, aux différents types de sols, dont on dispose. Pour un sol acide et pauvre ; les pêchers se plaisent sur amandier, l’abricotier, le prunier sur myrobolan, et prunier sauvage. Le pommier quand on veut faire simple, on le met sur franc mais la mise à fruits est plus longue, Les pommiers s’adaptent bien avec le M111. Pour les poires j’ai toujours eu de bonnes satisfactions sur cognassier de semis.

Une palette nombreuse s’offre à nous pour les techniques de greffage, à chacun de trouver la sienne. Pour moi c’est un rituel simplifié à l’extrême. Avec un couteau bien aiguisé, un rouleau de chatterton je prélève et greffe immédiatement sur des rejets ou du sauvage.

Je greffe principalement en fente et en Chip budding (mettre un copeau d’écorce comprenant un bourgeon dans une fenêtre de l’écorce de l’arbre à greffer).

Bonne multiplication.

Raphaël Colicci

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